COMMUNIQUÉ DE PRESSE : POUR UNE MÉMOIRE DE L’ESCLAVAGE COLONIAL QUI RASSEMBLE LES FRANÇAIS !

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Paris, le 25 avril 2016

POUR UNE MÉMOIRE DE L’ESCLAVAGE COLONIAL QUI RASSEMBLE LES FRANÇAIS !

Quinze ans après l’adoption de la loi tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, la mémoire de l’esclavage colonial n’est pas pacifiée en France. Dans une société en proie au doute et confrontée à des graves tensions, que cette oeuvre de réconciliation demeure incomplète est préoccupant. Nombre de Français dans l’hexagone y sont indifférents, beaucoup se sentent culpabilisés, alors qu’une autre partie y voit même une attaque contre la France. Le sentiment d’être méprisés ou victimes d’un racisme dont de la genèse renvoie à la période esclavagiste reste vif parmi trop de Français descendants d’esclaves et de Français d’origine africaine. Dernièrement, l’utilisation du mot « nègre » par une ministre de la République éveilla un soupçon de racisme. Toutes ces divisions, tous ces malentendus, toutes ces incompréhensions ne peuvent que faire prospérer un climat favorable aux extrémismes, et notamment à une extrême-droite qui attise les préjugés racistes et refuse de célébrer le 10 mai, la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions comme ce fut le cas à Villers-Cotterêts en 2014.

Dans ce climat préoccupant, le Comité Marche du 23 mai 1998 (CM98), qui porte la mémoire des Français descendants d’esclaves, et la Route des Abolitions de l’Esclavage et des Droits de l’Homme, qui, à travers son réseau de sites mémoriels, rappelle l’ancrage de l’abolitionnisme en France, ont décidé d’unir leurs forces à la veille des commémorations officielles du 10 mai (journée nationale) et du 23 mai (journée hexagonale à la mémoire des victimes de l’esclavage colonial), pour faire en sorte que cette mémoire puisse rassembler les Français.

Pour ce faire, et pour appeler les responsables politiques à prendre la mesure symbolique de l’indispensable concorde autour de cette mémoire :

• Nous rendrons ensemble hommage aux abolitionnistes français en déposant une gerbe de fleurs sur la tombe de Victor Schoelcher, combattant acharné pour l’abolition définitive de l’esclavage en 1848, au Panthéon, à 10 h, le 27 avril 2016, jour du 168e anniversaire de la signature du décret de l’abolition de l’esclavage colonial dans les colonies françaises.

• Nous serons présents ensemble aux manifestations nationales du 10 mai d’une part sur le site de la Forêt Mémoire à Chamblanc (21), à la Maison de la Négritude de Champagney (70), au Musée Abbé Grégoire d’Emberménil (54), au musée Schoelcher de Fessenheim (68) et au Fort de Joux-Toussaint Louverture de Pontarlier (25) ainsi qu’à la cérémonie nationale se déroulant dans le jardin du Luxembourg à Paris.

• Enfin, nous commémorerons ensemble le 23 mai les victimes de l’esclavage colonial dans des cérémonies républicaines départementales à Saint-Denis (93), à Sarcelles (95), à Grigny (91) et à Creil (60), dans des cérémonies religieuses départementales à la basilique de Saint-Denis (93) et de Créteil (94) et dans la cérémonie nationale Limyè ba Yo – Reconnaissance – Réconciliation qui se déroulera, du fait de l’état d’urgence, dans les jardins du ministère des Outre-mer.

Serge Romana, Président du CM98.

Marie-Claire Faivre, Présidente de la Route des abolitions de l’esclavage et des droits de l’Homme.

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2017-02-03T00:09:08+00:00