Les élèves des écoles des Abymes à la recherche de leurs aïeux esclaves

Grâce à une convention signée l’an dernier entre la Ville et le Comité marche du 23 mai 1998, douze volontaires vont animer des ateliers d’Anchoukaj dans les écoles élémentaires de la commune pour aider les élèves à rechercher leurs aïeux esclaves.

Ces ateliers d’Anchoukaj qu’on pourrait traduire par recherches « généalogiques et appropriation » , permettront aux élèves de créer leur arbre généalogique en remontant jusqu’à la première personne qui a porté leur nom de famille après l’abolition de l’esclavage en 1848. Cette année sert de référence car c’est au moment d’affranchir les esclaves originaires d’Afrique qu’un nom leur était donné. Ces ateliers consistent à familiariser les élèves avec les notions de généalogie des familles et à leur faire connaître l’origine de leur patronyme. Des schémas d’arbres généalogiques sur papier leur seront présentés, afin qu’ils les remplissent à partir des noms de leurs parents.

DÉJÀ DES LIVRES A LA MÉMOIRE DES ABYMES

Sur des sites spécifiques, d’Anchoukaj, ils tenteront de retrouver l’aïeul qui a été le premier a porter leur patronyme. Bien entendu, les élèves pourront se faire de leurs parents à la maison. Et cela est même recommandé car, lors d’une deuxième séance d’Anchoukaj, les enfants compléteront leur arbre généalogique à partir d’éléments nouveaux apportés par leurs parents. C’est là une manière d’impliquer les familles dans ces recherches. Par le biais de cette recherche généalogique ou Anchoukaj, les jeunes apprendront l’histoire de l’esclavage non pas à partir des souffrance engendrées par la servilité, mais à partir de la libération de l’esclavage et donc de la naissance de leur lignée. Cette découverte de l’histoire douloureuse à partir d’une date plutôt réjouissante incite plus facilement à vous s’informer sur ce pan de l’histoire.
Les élèves à la recherche de leur aïeux esclave – Culture en Guadeloupe
Il existe déjà aux Abymes des livres de la mémoire dans lesquels on trouve les noms des premiers esclaves à qui des patronymes ont été donnés. Les données ont été recueillies à partir de 410 actes notariés, concernant cette ville. Un recensement des Abymiens esclaves entre 1828 et 1848, par habitation et à partir des actes notariés a été également fait par le Comité Marche du 23 mai 98.
Comité Marche du 23 mai 1998
Le Comité Marche du 23 mai 1998 est une association présidée par Serge Romana. Il est né du regroupement de plusieurs associations de français descendants des Africains emmenés dans les colonies françaises pour travailler dans les plantations en tant qu’esclaves. Une marche avait été organisée à Paris avec toutes ces associations  à la date 23 mai 1998.
Contenu la de la convention 
La convention signée entre la ville des Abymes et le Comité Marche du 23 mai 1998 prévoir :
– La création de deux séminaires de formation sur les questions identitaires et mémorielles des sociétés post-esclavagistes
– Les ateliers d’Anchoukaj dans les écoles
– Le recensement et la valorisation des anciennes habitations
– Le dépouillement des archives de la ville des Abymes liées à l’esclavage colonial