Depuis 2013, des monuments sur les quels sont gravés prénoms, matri cules et noms d’anciens esclaves des Antilles françaises ont fait leur apparition en France hexagonale (Saint-Denis, Sarcelles, Creil, Grigny) et dans les outre-mer (Les Abymes [photo ci-contre du Morne de la mémoire], Le Carbet, Cayenne). Ils sont devenus des lieux de mémoire autour desquels leurs descendants et les autorités politiques et ecclésiastiques leur rendent hommage.
Dans les anciennes colonies françaises, les esclaves n’avaient pour identité qu’un prénom. Ce n’est qu’après l’abolition de l’esclavage du 27 avril 1848 que les officiers d’état civil leur attribuèrent des noms de famille (qui sont en fait bien souvent DES NOMS des matronymes et non des patronymes).
Cette nomination de masse, qui se déroula d’août 1848 à la fin de 1867, fut consignée dans les registres des nouveaux libres ou registres d’individualité. Ces noms sont ceux de la majorité des Antillais d’aujourd’hui.
Afin d’honorer la mémoire des victimes de l’esclavage, le Comité marche du 23 mai 1998 (CM98), principal entrepreneur de mémoire des Antilles, les mit en lumière en inscrivant, à partir des registres, leurs prénoms, matricules et noms sur des livres, un mémorial itinérant, des monuments et un site Internet (anchoukaj.org). La profonde émotion qui accompagne, chaque 23 mai, les cérémonies d’hommage aux esclaves et les longues files d’attente d’Antillais venus retrouver leurs aïeux à cette occasion montrent à quel point ces monuments comblent une béance identitaire et aident à surmonter la honte d’une origine servile.

SERGE ROMANA / ANDIA.FR POUR LA VIE
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